Mécanicien industriel/mécanicienne industrielle (de chantier) – analyse nationale de profession 2013

Le Conseil canadien des directeurs de l’apprentissage (CCDA) reconnaît la présente analyse comme la norme nationale pour la profession (ANP) de mécanicien industriel ou de mécanicienne industrielle (de chantier).

2013 – Série d'analyses de professions

Available in English under the title: Industrial Mechanic (Millwright)

CNP : 7311

Année de désignation : 1964

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Information générale

Champ de compétence

« Mécanicien industriel/mécanicienne industrielle (de chantier) » est le titre officiel Sceau rouge de ce métier tel qu’il a été accepté par le CCDA. Cette analyse couvre les tâches exécutées par des mécaniciens industriels et des mécaniciennes industrielles (de chantier), dont le titre professionnel est connu dans certaines provinces et certains territoires sous les noms suivants :

NL

NS

PE

NB

QC

ON

MB

SK

AB

BC

NT

YT

NU

Mécanicien de chantier (MC)

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Mécanicien industriel (de chantier)

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Mécanicien industriel de chantier (MIC)

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Mécanicien-monteur industriel

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Mécanicien-monteur industriel ou mécanicienne-monteuse industrielle

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Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) travaillent sur de la machinerie industrielle ainsi que sur de l’équipement et des composants mécaniques. Il peut s’agir d’équipement et de systèmes d’échappement, de refroidissement, de lubrification, de carburant, hydrauliques, pneumatiques et mécaniques. Les composants sur lesquels ils travaillent comprennent les pompes, les ventilateurs, les réservoirs, les convoyeurs, les presses, les génératrices ainsi que les commandes hydrauliques et pneumatiques.

Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) sont responsables du montage, de l’installation, de l’alignement, de l’entretien, de la réparation, du diagnostic, de l’inspection, du démantèlement et du déplacement de cette machinerie et de cet équipement. Le diagnostic peut cibler les irrégularités et les défauts de fonctionnement, et comprendre les réglages ainsi que la réparation ou le remplacement de pièces. Le nettoyage, le réglage et la lubrification de la machinerie sont aussi des tâches d’entretien importantes dans le cadre de la présente profession.

Parmi les autres tâches pouvant faire partie de la profession, on trouve le soudage, le taillage, le gréage et l’usinage, selon les besoins. Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) préparent des bases pour l’équipement.

Les plans, les diagrammes, les esquisses et les manuels aident les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) à établir des procédures de travail.

Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) se servent d’une grande variété d’outils. Ils peuvent utiliser des outils à main et des outils mécaniques lors des travaux d’installation et de réparation. De plus grosses machines et des outils comme les tours, les perceuses à colonnes et les meuleuses peuvent être utilisés pour fabriquer des pièces de machine. L’équipement de gréage et de levage, comme les grues, les vérins et les chariots élévateurs à fourche, est souvent utilisé pour positionner des pièces de machine ou des machines de grande taille.

Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) travaillent dans tous les secteurs de l’industrie qui comprennent de l’équipement mécanique mobile, notamment pour l’exploitation minière, l’industrie pétrochimique, la production d’électricité, la restauration et la transformation des aliments. Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) participent à l’installation, à l’entretien et à la réparation de la machinerie, de l’équipement et des composants.

L’environnement de travail des mécaniciens industriels et des mécaniciennes industrielles (de chantier) est varié et peut comprendre des conditions extrêmes ou difficiles. Les gens de ce métier travaillent souvent par quarts. Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) peuvent travailler dans des espaces clos, en hauteur, autour de machinerie en mouvement, et ils peuvent manipuler de l’équipement lourd. Leur travail nécessite souvent de se tenir debout, d’être agenouillé ou de soulever des objets lourds pendant de longues périodes.

Les habiletés essentielles pour exercer cette profession touchent les aptitudes mécaniques, la résolution de problèmes, la communication, l’organisation et la planification du travail ainsi que l’utilisation des formules mathématiques reliées à la profession. Les gens de ce métier doivent être capables de déceler les défauts de fonctionnement par l’entremise d’examens sensoriels, qui sont généralement confirmés par des examens techniques. Parmi les autres qualités importantes, on trouve une bonne coordination, une bonne dextérité manuelle et la capacité à visualiser un plan d’implantation en trois dimensions.

Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) possèdent souvent des compétences qui recoupent celles d’autres gens de métiers spécialisés comme les monteurs et les monteuses d'appareils de chauffage, les mécaniciens et les mécaniciennes d'appareils industriels, les mécaniciens et les mécaniciennes de machines fixes, les soudeurs et les soudeuses, les machinistes ou les électriciens et les électriciennes industriels. Ils peuvent aussi être accrédités dans ces autres professions. Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) peuvent travailler dans des domaines spécialisés de la profession comme l’analyse des fluides, l’analyse des vibrations et l’alignement au laser. Au fil du temps, ils peuvent occuper d’autres postes comme ceux de mentors, de superviseurs, de planificateurs, de chefs de chantier et de formateurs.

Observations sur le métier

Une progression de l’équipement analogique vers l’équipement numérique, qui fournit des données informatisées et qui peut être programmé, permet de donner des informations précises en moins de temps. Cette technologie permet un meilleur diagnostic interne et un entretien préventif, ce qui réduit la durée des pannes mécaniques ainsi que les effectifs nécessaires pour réparer ces pannes. Par exemple, la technologie réduit le temps d’arrêt de l’équipement pour des tâches comme l’alignement, le diagnostic de panne, l’assemblage et les réparations. Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) doivent être capables de suivre le rythme des changements technologiques.  

Les progrès en matière de maintenance préventive ont permis le perfectionnement de l’équipement de diagnostic comme le matériel d’alignement et de contrôle des vibrations. La technologie de surveillance acoustique évolue rapidement. On utilise de plus en plus les endoscopes pour examiner des composants internes et pour en faire le diagnostic. Il existe de l’équipement de diagnostic de pointe pour les inspections concernant l’énergie hydraulique comme les appareils d’analyse portatifs et les débitmètres serre-tube.

L’utilisation et la taille des outils hydrauliques évoluent constamment. Ces outils deviennent de plus en plus sécuritaires et plus efficaces à utiliser. La technologie hydraulique est utilisée pour un large éventail d’applications.

Afin de minimiser les effets de la présence humaine, une tendance vers la création de projets de construction hydroélectriques plus verts et plus durables pour l’environnement, comme les centrales au fil de l’eau, s’est développée. L’accent est mis sur de plus petits immeubles par opposition à de plus grandes constructions et la technologie éolienne continue de progresser. Toutefois, dans ce cas, les unités augmentent en taille pour permettre une plus grande production d’énergie. Les deux créent plus d’emplois pour les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier), car ils doivent s’occuper de l’installation, de l’entretien et de la réparation de ces unités.

L’évolution de la technologie et la complexité des systèmes comme l’hydraulique, la robotique, les coffrets de branchement verts et la mécatronique étendent la portée du travail des mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier).

Il existe une grande variété de matériaux disponibles pour une utilisation dans la fabrication de machinerie et de composants, comme les alliages composites et les plastics avancés. Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) ont accès à plus de types de produits d’étanchéité et de matériaux époxy.

On accorde une plus grande importance à la planification de l’entretien préventif et prédictif, et on effectue plus souvent des arrêts d’exploitation. La méthodologie de la maintenance axée sur la fiabilité (MAF) est de plus en plus commune en raison de son rapport coût-efficacité.

Certains outils à main et outils mécaniques sont plus ergonomiques afin de prévenir les microtraumatismes répétés. Plusieurs outils électriques sont maintenant sans fil et ont une plus grande autonomie de batterie, ainsi qu’une conception plus légère, ce qui les rend plus ergonomiques et fait en sorte qu’ils causent moins de blessures. Au sein de la profession, il y a une plus grande utilisation de l’équipement mobile comme les chariots élévateurs à fourche, les tables élévatrices à ciseaux, les nacelles élévatrices et les chariots élévateurs. Ce type d’équipement intègre plus de mesures de sécurité. L’homologation de l’équipement et la reconnaissance professionnelle des employés deviennent plus souvent obligatoires.

L’équipement de protection individuelle (EPI) est de plus en plus facile à utiliser et il offre une plus grande protection, ce qui entraîne un plus grand usage parmi les gens de métiers spécialisés. L’identification accrue des matériaux dangereux à l’aide de fiches signalétiques contribue à la sécurité sur le chantier.

L’assurance de la qualité, de la fiabilité, de la maintenabilité et de la sécurité sont des critères essentiels aux normes des mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier). Les changements continus en matière de technologies, les règlements environnementaux et les préoccupations pour la sécurité des gens de métiers spécialisés ont mené à des pratiques améliorées en matière de sécurité.

Sommaire des compétences essentielles

Les compétences essentielles sont les compétences nécessaires pour vivre, pour apprendre et pour travailler. Elles sont à la base de l’apprentissage de toutes les autres compétences et permettent aux gens d’évoluer avec leur emploi et de s’adapter aux changements du milieu du travail.

Grâce à des recherches approfondies, le gouvernement du Canada et d’autres organismes nationaux et internationaux ont déterminé et validé neuf compétences essentielles. Ces compétences sont mises en application dans presque toutes les professions et dans la vie quotidienne sous diverses formes.

Une série d’outils approuvés par le CCDA ont été élaborés pour aider les apprenties et les apprentis à suivre leur formation et à être mieux préparés pour leur carrière dans les métiers. Les outils peuvent être utilisés avec ou sans l’assistance d’une personne de métier, d’une formatrice ou d’un formateur, d’une employeuse ou d’un employeur, d’une enseignante ou d’un enseignant, ou d’une monitrice ou d’un moniteur pour :

  • comprendre comment les compétences essentielles sont utilisées dans un métier;
  • déterminer les forces en matière de compétences essentielles et les aspects à améliorer;
  • améliorer les compétences essentielles et les chances de réussir un programme d’apprentissage.

Les outils sont disponibles en ligne où il est aussi possible de les commander.

Le profil des compétences essentielles pour les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) indique que les compétences essentielles les plus importantes sont l’utilisation des documents, le calcul et la capacité de raisonnement.

Le présent document peut renfermer une description de la mise en pratique de ces compétences à l’intérieur des énoncés de compétences servant à appuyer chaque sous-tâche du métier. Un aperçu des exigences pour chaque compétence essentielle tiré des profils des compétences essentielles suit. Voici le lien vers la version intégrale.

Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) lisent des textes comme les courtes descriptions et les instructions sur les étiquettes des produits. Ils lisent des bulletins, des manuels et des procédures pour l’installation, l’utilisation, le diagnostic de panne et la réparation de l’équipement. Ils lisent aussi des courriels et des notes d’information envoyés par les superviseurs, les collègues et les fournisseurs, à propos du travail en cours.

Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) numérisent et localisent des données sur des étiquettes, des listes, des tableaux et des horaires. Ils peuvent avoir à interpréter des graphiques lorsqu’ils surveillent l’utilisation de l’équipement. Ils interprètent ou examinent des schémas de principe des systèmes (pneumatiques, mécaniques, structuraux et hydrauliques) afin de repérer les défectuosités. Ils peuvent aussi extraire et étudier des données tirées de dessins à l’échelle pour déterminer l’emplacement de la machinerie à installer et pour vérifier l’emplacement de la machinerie. Ils remplissent aussi des formulaires comme les bons de commande, les formulaires d’entretien, les journaux de bord ainsi que les bons de travail.

Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) rédigent de courtes entrées de texte dans les journaux de bord et les formulaires. Ils peuvent écrire des procédures d’entretien et de réparation. Ils écrivent des courriels aux superviseurs et aux collègues sur le travail en cours, ainsi qu’aux fournisseurs au sujet des spécifications de l’équipement. Ils rédigent parfois des rapports d’incidents.

Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) mesurent différentes propriétés physiques de l’équipement. Ils calculent les distances, les totaux, les maximums, les minimums, les tolérances dimensionnelles, les ajustements et les quantités requises. Ils calculent aussi les charges, les capacités et les dimensions des composants mécaniques et des systèmes. Ils estiment les distances et les poids appropriés pour l’équipement et les procédures. Ils effectuent des calculs dans le but de régler et d’aligner la machinerie et l’équipement en fonction des spécifications.

Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) parlent aux fournisseurs et aux entrepreneurs au sujet des spécifications de l’équipement et de l’accès, des commandes, ainsi que des périodes de livraisons et des périodes d’entretien et de réparation. Ils discutent des bons de travail, des défectuosités de l’équipement et de la coordination des tâches avec les collègues. Ils informent les superviseurs des progrès des travaux et ils peuvent chercher à obtenir leurs conseils et leur approbation. Ils peuvent discuter du travail avec les clients, les conseiller au sujet de l’entretien et proposer des modifications à l’équipement. Ils discutent également de sécurité, de productivité ainsi que de changements aux procédures et aux politiques lors de réunions avec les collègues, les superviseurs, les ingénieurs et les clients.

Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) peuvent résoudre des problèmes en fabriquant ou en adaptant des pièces pour d’autres machines lorsque les pièces nécessaires ne sont pas disponibles pour l’entretien et les réparations. Ils peuvent choisir de remettre en état, de réparer et de remplacer les pièces usées et défectueuses comme les tuyaux flexibles, les moteurs, les soupapes et les bagues. Ils prennent en considération des facteurs comme les lignes directrices de l’entretien, le rendement et les résultats des tests, la sécurité, l’efficacité et la durabilité des pièces de remplacement. Ils évaluent les conditions des pièces et de l’équipement, ainsi que la sécurité du chantier. Ils jugent de la faisabilité des concepts pour les petites modifications à l’équipement et à la machinerie, veillant à ce que les concepts satisfassent aux spécifications techniques, aux règlements et aux exigences en matière de rendement.

Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) effectuent principalement leurs tâches de façon autonome. Ils travaillent avec d’autres personnes, s’il y a lieu, pour installer et réparer de plus grandes pièces d’équipement et des systèmes industriels complets.

Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) peuvent aussi utiliser des bases de données pour effectuer des recherches sur l’historique d’entretien. Ils peuvent aussi saisir des données à partir des ordres de travail complétés dans un système informatisé de gestion de l'entretien (SIGE). Ils utilisent des programmes pour créer et modifier des dessins avec des logiciels de conception assistée par ordinateur, et pour contrôler et surveiller l’utilisation d’équipement de fabrication et d’usinage. Ils utilisent des outils à main informatisés d’alignement, de nivellement et de mesure des vibrations. Ils peuvent utiliser des logiciels de traitement de texte pour rédiger, modifier et mettre en forme des textes comme les rapports d’incidents et les procédures de maintenance.

Les mécaniciens industriels et les mécaniciennes industrielles (de chantier) doivent lire des manuels et des bulletins pour rester au courant des développements au sein de leur profession. Ils apprennent aussi de façon informelle en échangeant de l’information avec des collègues et des fournisseurs. Ils peuvent aussi prendre part à des séances de formation sur les nouvelles technologies, l’équipement, la machinerie et les procédures de sécurité.

Remerciements

Le CCDA et EDSC tiennent à exprimer leur gratitude aux gens du métier, aux entreprises, aux associations professionnelles, aux syndicats, aux ministères et organismes gouvernementaux des provinces et des territoires ainsi qu’à toute autre personne ayant participé à la production de la présente publication.

Le CCDA et EDSC désirent particulièrement exprimer leur reconnaissance aux gens du métier suivants :

  • Gordon Balfour - Comité consultatif national d’apprentissage et de formation (CCNAF)
  • Robbie Bell - Île-du-Prince-Édouard
  • Michael Bracey - Ontario
  • John Fisler - Colombie-Britannique
  • Donovon Harsch - Saskatchewan
  • Lane Lisitza - Alberta
  • Ron MacPhee - Nouvelle-Écosse
  • Alan Szmerski - Manitoba
  • Maurice Tobin - Comité consultatif national d’apprentissage et de formation (CCNAF)
  • Roger Whitenect - Nouveau-Brunswick
  • Alvin Wiseman - Terre-Neuve-et-Labrador

La présente analyse a été préparée par la Direction de l’intégration au marché du travail d’EDSC. La coordination, la facilitation et la production de l’analyse ont été effectuées par l’équipe responsable de l’élaboration des ANP de la Division des métiers et de l’apprentissage Le Manitoba, la province hôte, a également participé à l’élaboration de cette ANP.

Les commentaires et les questions au sujet de cette publication peuvent être transmis à :

Division des métiers et de l’apprentissage
Direction de l’intégration au marché du travail
Emploi et Développement social Canada
140, promenade du Portage, Portage IV, 6e étage
Gatineau (Québec)  K1A 0J9
Courriel : redseal-sceaurouge@hrsdc-rhdcc.gc.ca

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